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Infarctus : pourquoi le risque de crise cardiaque est plus élevé à Noël ?

Plusieurs études montrent que le risque d'infarctus grimpe pendant les fêtes de fin d'année. Pourquoi, et comment s'en protéger ?

CP

L'équipe CardioPro

Experts en sécurité cardiaque depuis 2017

Publié le 16 décembre 2023 · Mis à jour le 29 mai 2026

Risque accru d'infarctus pendant les fêtes de fin d'année
Publié le 16/12/2023 · Mis à jour le 29/05/2026 · Lecture 7 min

Chaque année, le nombre de décès d'origine cardiaque grimpe pendant les fêtes de fin d'année. Le phénomène est si net que les chercheurs lui ont donné un nom : le syndrome cardiaque des fêtes. Tour d'horizon des causes, des chiffres et — surtout — des gestes qui sauvent.

+37 %

d'infarctus la veille de Noël, avec un pic à 22 h

+15 %

de risque global sur la période de Noël et du Nouvel An

25 déc.

jour le plus meurtrier de l'année pour le cœur

Un phénomène confirmé par plusieurs études

Une étude publiée dans Circulation, la revue de référence de l'American Heart Association, montre qu'aux États-Unis le nombre de décès d'origine cardiaque est plus élevé le 25 décembre que n'importe quel autre jour de l'année, suivi du 26 décembre puis du 1er janvier.

Une étude suédoise parue dans le British Medical Journal a analysé plus de seize ans de données sur l'infarctus : elle relève une hausse globale de 15 % pendant les vacances d'hiver, et surtout une augmentation de 37 % le 24 décembre, avec un pic à 22 heures. Le risque est le plus marqué chez les personnes de plus de 75 ans et celles souffrant de diabète ou d'une maladie cardiovasculaire préexistante.

Dès 1978, l'American Heart Journal baptisait ce phénomène le « syndrome cardiaque des fêtes » (holiday heart syndrome), en observant une vague d'hospitalisations cardiaques après Noël et le Nouvel An.

Pourquoi le cœur lâche-t-il pendant les fêtes ?

1. L'alcool, premier déclencheur

Une seule soirée de consommation excessive peut suffire à provoquer une arythmie. L'alcool est lié à plusieurs problèmes cardiaques : troubles du rythme, cardiomyopathie (baisse de la capacité du cœur à pomper le sang), hausse de la tension artérielle. C'est le facteur de risque numéro un du syndrome cardiaque des fêtes. Bonne nouvelle : lorsqu'il est déclenché par l'alcool, ce syndrome disparaît généralement de lui-même à l'arrêt de la consommation. Pour aller plus loin : alcool et crise cardiaque.

2. Le stress et la charge mentale

Organisation des repas, voyages, tensions familiales, pression financière : les fêtes concentrent une charge émotionnelle qui fait grimper le cortisol et la tension artérielle, deux facteurs aggravants pour un cœur fragile.

3. L'alimentation riche

Repas copieux, sel, graisses et sucres en excès sollicitent le système cardiovasculaire au pire moment. Combinés à l'alcool, ils forment une « tempête parfaite » pour les personnes à risque.

4. Le froid… mais pas seulement

On pense d'abord au froid hivernal, qui resserre les vaisseaux. Mais en 2016, des chercheurs de l'université de Melbourne ont étudié la Nouvelle-Zélande, où Noël tombe en plein été : les décès cardiaques y augmentent quand même pendant les fêtes. Preuve que la météo n'explique pas tout — le comportement (alcool, stress, alimentation) pèse au moins autant.

Reconnaître un infarctus : les signes qui doivent alerter

  • Douleur ou oppression au centre de la poitrine, qui dure plus de quelques minutes
  • Irradiation vers le bras gauche, la mâchoire, le cou ou le dos
  • Essoufflement, sueurs froides, nausées, fatigue intense inhabituelle

Au moindre doute, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Chaque minute compte.

Comment réduire les risques pendant les fêtes

Modérez l'alcool.C'est le levier le plus efficace. Si vous ressentez des palpitations ou une accélération du rythme cardiaque en buvant, arrêtez.

Déléguez.N'hésitez pas à demander de l'aide pour l'organisation : répartir les plats, partager la logistique, alléger la pression. Réduire le stress, c'est protéger son cœur.

Restez vigilant si vous êtes à risque. Diabète, antécédents cardiovasculaires, âge avancé : surveillez les facteurs déclencheurs et gardez vos traitements à portée de main.

Le défibrillateur, dernier maillon de la chaîne de survie

Quand l'arrêt cardiaque survient, seule une défibrillation rapide peut relancer le cœur. Utilisé dans les premières minutes, un défibrillateur automatisé externe (DAE) double à triple les chances de survie. Chaque minute perdue, c'est environ 10 % de chances de survie en moins.

Équiper son établissement, sa mairie ou son entreprise d'un DAE — en location ou à l'achat — c'est offrir une chance réelle à une victime, y compris pendant les fêtes.

Questions fréquentes

La combinaison d'une consommation d'alcool plus élevée, du stress lié aux fêtes, d'une alimentation riche et du froid crée un terrain à risque. Les études relèvent une hausse des infarctus de 15 à 37 % autour du 24 et du 25 décembre.

Décrit en 1978 dans l'American Heart Journal, le « holiday heart syndrome » désigne les troubles du rythme cardiaque (notamment la fibrillation auriculaire) survenant après une consommation excessive d'alcool pendant les fêtes ou les week-ends, souvent chez des personnes par ailleurs en bonne santé.

Douleur ou oppression au centre de la poitrine, irradiation vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos, essoufflement, sueurs froides, nausées et fatigue intense. Au moindre doute, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Oui. Utilisé dans les premières minutes, un défibrillateur automatisé externe (DAE) double à triple les chances de survie. Chaque minute sans défibrillation fait perdre environ 10 % de chances de survie.